Twilight

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 Chapitre 9 : Port Angeles

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Isabella Swan
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MessageSujet: Chapitre 9 : Port Angeles   Dim 24 Mai - 0:57

Il faisait trop clair pour que je puisse entrer
en ville quand j'y arrivai; le soleil était toujours bien trop haut
dans le ciel, et, malgré mes vitres teintées, je n'avais aucune raison
de prendre des risques inconsidérés. Encore plus de risques
inconsidérés, devrais-je dire.

J'étais certain de pouvoir
retrouver l'esprit de Jessica, même de loin – les pensées de Jessica
étaient plus fortes que celles d'Angela, mais une fois que j'aurai
trouvé les premières, je pourrais entendre les secondes. Alors, quand
les ombres s'allongeront, je pourrais m'approcher. Pour l'instant, je
tournai dans un chemin envahi par la végétation juste à la sortie de la
ville qui ne semblait pas être utilisé très fréquemment.

Je
savais vaguement dans quelle direction chercher – en fait, il n'y avait
qu'un endroit pour acheter des robes à Port Angeles. Je ne mis pas
longtemps à trouver Jessica, s'admirant devant un triple miroir en
pied, et je pus voir Bella dans son champs de vision, appréciant du
regard la longue robe noire qu'elle portait.

Bella a toujours
l'air en rogne. Ha ha. Angela avait raison – Tyler se faisait des
films. Mais quand même, je ne comprends pas pourquoi elle est si
bouleversée. Au moins, elle sait qu'elle a un garçon prêt à l'emmener
au bal de fin d'année en dernier recours. Et si Mike ne s'amusait pas
au bal, et ne m'invitait plus à sortir? Et si il invitait Bella au bal
de fin d'année? Est-ce qu'elle aurait invité Mike au bal si je n'avais
rien dit? Est-ce qu'il la trouve plus belle que moi? Est-ce qu'elle se
trouve plus belle que moi?

“Je pense que je préfère la bleue. Ça fait bien ressortir tes yeux.”
Jessica sourit à Bella, faussement chaleureuse, tout en la regardant avec méfiance.
Est-ce qu'elle le pense vraiment? Ou est-ce qu'elle veut me faire ressembler à une grosse vache samedi?

J'en
avais déjà assez d'écouter Jessica. Je recherchais dans les environs,
essayant de localiser Angela – ah, mais Angela était en train de
changer de robe, et je me glissai rapidement hors de sa tête pour lui
laisser son intimité.

Bon, il ne pouvait pas arriver grand-chose
à Bella dans un grand magasin. Je les laisserai faire leurs courses et
les retrouverai plus tard, quand elles auraient fini. Il ferait bientôt
plus sombre – les nuages étaient en train de revenir, depuis l'ouest.
Je ne pus leur jeter qu'un coup d'œil à travers la végétation dense,
mais je vis qu'ils allaient accélérer le coucher du soleil. Je les
accueillis chaleureusement, j'en avais plus besoin que jamais; je
n'avais jamais attendu plus impatiemment le retour des ténèbres dans
lesquelles je pourrais me glisser. Demain, je pourrai de nouveau
m'asseoir à côté de Bella en classe, et monopoliser son attention au
déjeuner. Je pourrai lui poser toute les questions qui me hantaient...

Donc,
elle était furieuse de la présomption de Tyler. Je l'avais vu dans sa
tête – qu'il était sérieux en parlant du bal de fin d'année, que ses
mots étaient à prendre au sens littéral, et qu'il la revendiquait. Je
me remémorai la réaction de Bella l'autre après-midi – son incrédulité
outragée – et je ris. Je me demandai ce qu'elle lui dirait à ce propos.
Il ne fallait que je rate son expression pour rien au monde.

Le
temps passa lentement en attendant que les ombres s'allongent. Je jetai
un coup d'œil dans l'esprit de Jessica de temps en temps, pour vérifier
que tout se passait bien; son esprit était le plus facile à repérer,
mais je n'aimais y traîner trop longtemps. Je vis l'endroit où elles
comptaient aller dîner. Il ferait noir à ce moment-là...peut-être que
je pourrai choisir le même restaurant par pure coïncidence. Je frôlai
le portable dans ma poche, pensant à inviter Alice à dîner... Elle
adorerait cela, mais elle voudrait aussi parler à Bella. Je n'étais pas
sûr d'être prêt à ce que Bella soit encore plus impliquée dans mon
monde. Un vampire n'entraînerait-il pas déjà suffisamment de problèmes?

Je
vérifiai machinalement dans l'esprit de Jessica qu'il ne se passait
rien d'anormal. Elle pensait à ses bijoux, demandant l'opinion d'Angela.
“Peut-être
que je devrais aller rendre le collier. J'en ai un à la maison qui
ferait sûrement l'affaire, et j'ai déjà dépensé plus que ce que je ne
devais...” Ma mère va me tuer. Mais à quoi est-ce que je pensais?
“Ça ne me dérange pas de retourner au magasin. Mais... tu ne penses pas que Bella va nous attendre?”

Quoi?
Bella n'était pas avec elles? Je cherchai au travers des yeux de
Jessica, puis passai à ceux d'Angela. Elles étaient sur un trottoir
longeant une longue ligne de vitrines de magasins, faisant demi-tour.
Bella n'était nulle part.

Oh, mais on s'en fiche de Bella, pensa
Jessica impatiemment, avant de répondre à la question d'Angela. “Ne
t'inquiète pas. On arrivera au restaurant bien avant elle, même en
retournant au magasin. De toute façon, j'ai l'impression qu'elle avait
envie d'être seule.” Elle me gratifia d'un coup d'œil de la librairie à
laquelle Bella s'était rendue, selon elle.

“Dépêchons-nous,
alors,” dit Angela. J'espère que Bella ne pense pas qu'on l'évite. Elle
a été si sympa avec moi dans la voiture, tout à l'heure... C'est
vraiment une fille adorable. Mais elle avait l'air d'avoir le cafard
toute la journée. Je me demande si c'est à cause d'Edward Cullen? Je
parie que c'est pour ça qu'elle me posait des questions sur sa
famille...

J'aurai dû faire plus attention. Tout ce que j'avais
manqué! Bella était partie se promener toute seule de son côté, et elle
avait posé des questions à propos de moi auparavant? Angela avait
reporté son attention sur Jessica à présent – Jessica babillait une
fois de plus à propos de cet idiot de Mike – et je n'eus aucune réponse
de sa part.

Je jugeai des ombres. Le soleil serait derrière les
nuages bien assez tôt. Si je restai du côté ouest de la route, où les
bâtiments projetteraient leur ombre, me protégeant de la lumière déjà
faiblissante...

Je commençai à être anxieux, trouvant mon chemin
à travers la circulation peu dense vers le centre de la ville. Je
n'avais pas pensé à cette possibilité – Bella s'éloignant de son côté –
et je n'avais aucune idée de la façon dont je pourrais la retrouver.
J'aurais dû considérer cette possibilité.

Je connaissais bien
Port Angeles; je fonçai directement à la librairie à laquelle Jessica
avait pensé, espérant que mes recherches seraient courtes, mais me
doutant que ce ne serait pas si facile que cela. Bella avait-elle
jamais rendu les choses faciles?

Bien sûr, le petit magasin
était vide à part la femme, habillée de façon très anachronique,
derrière le comptoir. Cela ne ressemblait pas au genre d'endroit qui
pourrait intéresser Bella – trop new age pour une personne à l'esprit
aussi pratique. Je me demandai si elle avait seulement pris la peine
d'entrer?

Il y avait une tâche d'ombre dans laquelle je pourrais
me garer...et qui traçait un chemin sombre jusqu'à l'auvent de la
boutique. Je ne devrais vraiment pas. Me promener pendant les heures où
le soleil brillait encore était réellement dangereux. Que ferai-je si
une voiture passant par là envoyait le reflet du soleil au mauvais
moment dans mon allée sombre?

Mais je ne savais comment faire autrement pour retrouver Bella!

Je
me garai et sortis, m'appliquant à rester là où l'ombre était la plus
profonde. J'entrai à grands pas dans le magasin, sentant l'odeur de
Bella dans l'air. Elle avait été ici, sur le trottoir, mais il n'y
avait aucune trace de son odeur à l'intérieur du magasin.

“Bienvenue! Je peux vous aid–” commença la vendeuse, mais j'étais déjà ressorti.
Je suivis l'odeur de Bella aussi loin que l'ombre me le permit, m'arrêtant à la limite des rayons du soleil.
Comme
je me sentais impuissant – tenu à distance par cette mince ligne entre
l'ombre et la lumière qui s'étendait devant moi sur le trottoir. Comme
enfermé.

Je ne pouvais que deviner qu'elle avait continué en
traversant la route, en direction du sud. Il n'y avait pas grand chose
dans cette direction. S'était-elle perdue? Hmm, cette possibilité ne
semblait pas tout à fait exclue, si on considérait le personnage...

Je
remontai dans la voiture et avançai doucement à travers les rues, la
recherchant. Je ressortis là où il y avait des tâches d'ombre, mais je
ne sentis son odeur qu'une autre fois, et sa direction me pris au
dépourvu. Où essayait-elle d'aller?

Je fis la navette entre la
librairie et le restaurant, plusieurs fois, espérant la voir en route.
Jessica et Angela y étaient déjà revenues, se demandant si elles
devaient passer commande, ou bien l'attendre. Jessica insistait pour
commander tout de suite.

Je commençai à passer au crible les
pensées de parfaits inconnus, regardant par leurs yeux. C'était obligé,
quelqu'un devait l'avoir vu quelque part!

Je devenais de plus en
plus anxieux à mesure qu'elle restait introuvable. Je n'avais encore
jamais réalisé qu'elle pourrait s'avérer difficile à trouver, une fois,
comme c'était le cas maintenant, hors de ma vue et des sentiers battus.
Je détestai cela.

Les nuages s'amassaient à l'horizon, et dans
quelques minutes, je pourrai la traquer à pied. Cela ne me prendrait
pas longtemps, alors. Seul le soleil me rendait impuissant en ce moment
même. Juste quelques minutes, puis je récupérerai l'avantage et ce
serait le monde humain qui serait impuissant.

Un autre esprit, puis un autre. Tant de pensées triviales.
...pense que le bébé a encore une otite...
C'était six cent quarante ou bien six cent quatre...?
Encore en retard? Je devrais lui dire...
Ah, la voilà!
Et là, je pus de nouveau voir son visage. Enfin, quelqu'un l'avait remarquée!

Le
soulagement ne dura qu'une fraction de seconde, avant que je
n'entendisse la suite des pensées de l'homme qui jubilait en la voyant,
caché dans l'ombre.
Son esprit m'était inconnu, et pourtant pas si étranger. Autrefois, j'avais chassé exactement le même genre d'esprits.

“NON!”
hurlai-je, et une suite ininterrompue de grognements s'échappèrent de
ma gorge. Mon pied enfonça la pédale d'accélérateur, mais où allais-je?

Je
ne connaissais que la direction générale de son esprit, et cette
connaissance n'était pas assez précise. Quelque chose, il devait y
avoir quelque chose – un panneau de rue, un éventaire de boutique,
n'importe quoi dans son champs de vision qui trahirait sa position.
Mais Bella était dans l'ombre, et ses yeux n'étaient focalisés que sur
son expression effrayée – se réjouissant de la peur qu'il y lisait.
Son visage était flou dans ses pensées, effacé par le souvenir d'autres visages. Bella n'était pas sa première victime.

Le son de mes grognements ébranlait la voiture, mais il en fallait plus pour briser ma concentration.
Il n'y avait aucune fenêtre dans le mur derrière elle. Une zone industrielle, éloignée du quartier plus commerçant.

Les
pneus hurlèrent en prenant le virage, puis ma voiture fit une embardée
en dépassant un autre véhicule, se dirigeant vers ce que j'espérai être
la bonne direction. Le temps que l'automobiliste klaxonne, j'étais déjà
loin.

Regardez-là trembler! L'homme rit d'avance. La peur était
ce qui l'attirait dans le procédé – la partie qu'il appréciait le plus.
“Fichez-moi la paix.” Sa voix était basse et assurée, pas un cri.
“Sois pas comme ça, chérie!”

Il
la regarda tressaillir au rire chahuteur qui vint d'une autre
direction. Il fut irrité par ce son – Ta gueule, Jeff! pensa-t-il –
mais il adora son mouvement de recul. Cela l'excitait. Il commença à
imaginer ses appels au secours, et la façon dont elle le supplierait...

Je
n'avais pas réalisé qu'il 'était pas seul avant d'entendre le rire
gras. J'essayai de localiser un esprit autour du sien, désespéré de
trouver une indication quelconque. Il était en train de faire un
premier pas dans sa direction, étirant ses mains.

Les esprits
alentours n'étaient pas le cloaque qu'était le sien. Ils étaient tous
légèrement intoxiqués, aucun d'eux ne réalisant jusqu'où l'homme qu'ils
appelaient Lonnie prévoyait d'aller. Ils suivaient Lonnie aveuglément.
Il leur avait promis qu'ils s'amuseraient...

L'un d'eux jeta un
coup d'œil au bout de la rue, nerveux – il ne voulait pas se faire
prendre en train de harceler la fille – et me donna l'indice que je
cherchais. Je reconnus le croisement vers lequel il dirigeait son
regard.

Je passai au feu rouge, me glissant dans l'espace très
restreint entre deux voitures au cœur de la circulation rapide. Des
coups de klaxon retentirent derrière moi.
Mon portable sonna dans ma poche. Je l'ignorai.

Lonnie
s'avança doucement vers la fille, faisant durer le suspense – le moment
de terreur anticipée qui éveillait le désir en lui. Il attendit son
cri, se préparant à le savourer.
Mais Bella serra la mâchoire et
sembla se préparer à se défendre. Il fut surpris – il s'était attendu à
la voir essayer de s'enfuir. Surpris et un peu déçu. Il aimait à
traquer ses proies, l'adrénaline de la chasse.

Courageuse, celle-là. Peut-être que c'est mieux, qui sait...elle montrera plus de résistance.
J'étais à un pâté de maison. Le monstre entendait le grondement de mon moteur, mais il n'y prit pas attention, trop absorbé.
J'allais voir s'il aimait les chasses dont on était la proie. J'allais voir ce qu'il pensait de mon genre de chasse.

Dans
une autre partie de ma tête, j'étais déjà en train de choisir entre
tout un éventail de tortures dont j'avais été témoin pendant ma période
de rébellion, cherchant la plus douloureuse d'entre toutes. Il
souffrirait pour cela. Il se tordrait de douleur, souffrant l'agonie.
Les autres, de leur côté, seraient simplement tués, mais le monstre
nommé Lonnie me supplierait de le tuer bien avant que j'en aie fini
avec lui.

Il était en train de traverser la rue, s'approchant d'elle.
Je
pris le virage sur les chapeaux de roues, mes phares éclairant
brièvement la scène les pétrifiant tous. J'aurai pu renverser leur
chef, qui sauta hors de ma route, mais c'était une mort trop facile
pour lui.

Je laissai la voiture faire un demi-tour complet en
glissant, de façon à ce que je sois de nouveau face à la route par
laquelle j'étais arrivé, et que la portière passager soit du côté de
Bella. Je l'ouvris avec force, et elle était déjà en train de courir
vers la voiture.

“Grimpe,” grognai-je en montrant les dents.
Mais qu'est-ce que-?
Je savais que c'était pas une bonne idée! Elle est pas toute seule.
Je devrais courir, non?
...crois que je vais dégueuler...

_________________
"Tu as des ennuis, mon pote. De gros ennuis.
Les grizzlis enragés te paraîtront adorables
quand tu verras ce qui t'attend à ton retour "

Règles importantes :
Règle n°1 : Un modérateur a toujours raison
Règle n°2 : Si un modérateur a tort, se référer à la règle n° 1
Règle n°3 : Quand un modérateur est contredit, un chaton meurt quelque part dans le monde.
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MessageSujet: Re: Chapitre 9 : Port Angeles   Dim 24 Mai - 0:57

Bella sauta par la porte ouverte sans hésiter, claquant la porte derrière elle.
Et
là, elle me regarda avec l'expression la plus confiante que j'aie
jamais vu sur le visage d'un humain, et mes projets violents
s'effondrèrent.

Cela me prit bien moins d'une seconde pour
réaliser que je ne pouvais pas la laisser dans la voiture pendant que
je m'occupais des quatre hommes dans la rue. Que lui dirai-je, de ne
pas regarder? Ha! Avait-elle jamais fait ce que je lui disais de faire?
Avait-elle jamais fait la bonne chose à faire?

Allai-je les
traîner dans un coin sombre, hors de sa vue, et la laisser toute seule
ici? C'était un coup à tenter qu'un autre humain dangereux rôde dans le
rues de Port Angeles ce soir, mais c'était un coup à tenter qu'il y en
ait même un premier! Comme un aimant, elle attirait irrésistiblement
tout ce qui était dangereux. Je ne pouvais pas la laisser hors de ma
vue.

J'accélérai dans ce qui, pour elle, semblerait faire partie
du même geste, l'éloignant de ses poursuivants si rapidement qu'ils
fixèrent ma voiture avec des expressions ébahies et incompréhensives.
Elle n'aurait pas remarqué mon instant d'hésitation. Elle penserait que
le plan était de s'échapper depuis le début.

Je ne pouvais même pas le blesser avec ma voiture. Cela lui ferait peur.
Je
voulais sa mort, d'une façon si sauvage que ce besoin résonnait dans
mes oreilles et flouait ma vue et avait un goût sur ma langue. Mes
muscles étaient tendus dans ce but, ce besoin insatiable, sa nécessité.
Je devais le tuer. Je le découperai lentement en morceaux, petit à
petit, de la peau aux muscles, des muscles aux os...

Sauf que la
fille – la seule fille au monde – agrippait le siège de ses deux mains,
me fixant intensément, les yeux toujours écarquillés et complètement
confiants. La vengeance allait devoir attendre.

“Attache ta
ceinture,” ordonnai-je. Ma voix était rude de haine et de soif de sang.
Pas la soif de sang usuelle. Je ne me souillerai pas en prenant une
quelconque part de cet homme en moi.

Elle attacha sa ceinture,
sursautant légèrement au bruit qu'elle produisit. Ce petit son la fit
sursauter, pourtant elle ne montra aucune peur alors que je traversait
toute la ville sans me préoccuper d'aucun panneau de signalisation. Je
sentais ses yeux sur moi. Elle avait l'air étrangement détendue. Cela
n'avait aucun sens pour moi – pas après tout ce qu'elle venait de
traverser.

“Ça va?” demanda-t-elle, sa voix rude sous l'effet de la tension et de la peur.
Elle voulait savoir si j'allais bien?
Je réfléchis à sa question pendant une fraction de seconde. Pas assez longtemps pour qu'elle remarque mon hésitation.
“Non,” réalisai-je, et mon ton bouillit de rage.

Je
l'emmenai sur la petite route envahie par la végétation où j'avais
passé l'après-midi absorbé par la plus mauvaise surveillance jamais
effectuée. À présent, il faisait noir sous les arbres.
J'étais si
furieux que mon corps était pétrifié, complètement immobile. Mes mains,
comme congelées sur place, souffraient de ne pouvoir anéantir son
agresseur, de le hacher en morceaux si mutilés que son corps ne
pourrait jamais être identifié....

Mais cela impliquerait de la laisser seule ici, sans protection dans la nuit noire.
“Bella?” demandai-je entre mes dents.
“Oui?” répondit-elle d'une voix rauque. Elle s'éclaircit la gorge.
“Tu
n'as rien?” C'était vraiment la chose la plus importante, la première
priorité. Le châtiment était secondaire. Je savais cela, mais mon corps
était si débordant de rage qu'il m'était difficile de réfléchir.

“Non.” Sa voix était toujours rauque – de peur, sans aucun doute.
Et je ne pouvais donc pas la quitter.
Même
si elle ne risquait pas constamment sa vie comme c'était, de façon
exaspérante, le cas – sûrement une farce que me jouait l'univers – même
si j'étais absolument certain qu'elle serait parfaitement en sécurité
pendant mon absence, je ne pourrais pas la laisser seule dans le noir.

Elle devait avoir tellement peur.
Cependant,
je n'étais pas en condition de la réconforter – même si je savais
exactement comment procéder, ce qui n'était pas le cas. Elle sentait
sûrement toute la brutalité qui irradiait de moi en ce moment, c'était
sûrement assez évident. Je l'effrayerai encore plus si je n'arrivais
pas à apaiser l'envie de carnage qui bouillait en moi.

J'avais besoin de penser à autre chose.
“Distrais-moi, s'il-te-plaît,” suppliai-je.
“Pardon?”
Je me contrôlais à peine assez pour essayer de lui expliquer ce dont j'avais besoin.
“Parle-moi,
dis n'importe quoi, même des bêtises, jusqu'à ce que je me calme,”
éclaircis-je, la mâchoire toujours serrée. Seule la pensée qu'elle ait
besoin de moi me retenait dans la voiture.

J'entendais les
pensées de l'homme, sa déception et sa colère... Je savais où le
trouver... Je fermai les yeux, souhaitant ne plus pouvoir rien voir...
“Euh...”
Elle hésita – essayant de donner un sens à ma requête, supposai-je.
“Demain avant les cours, j'écrase Tyler Crowley?” Elle le dit comme si
c'était une question.

Oui – c'était ce dont j'avais besoin. Bien
sûr qu'elle me trouverai quelque chose de complètement inattendu. Comme
auparavant, la menace de violence passant ses lèvres était hilarante –
si drôle qu'elle détonait. Si je n'avais pas été en train de mourir
d'envie de tuer, j'aurai ri.

“Pourquoi?” aboyai-je, pour la forcer à continuer à parler.
“Il
raconte à tout le monde que je serai sa cavalière au bal de fin
d'année,” dit-elle, sa voix pleine de l'outrage du tigre-chaton. “Soit
il est marteau, soit il continue à essayer de se racheter pour avoir
failli me tuer quand... bref tu es au courant,” inséra-t-elle
sèchement. “Visiblement, il croit que le bal est le bon moyen pour ça.
Du coup, j'ai pensé que si je mettais sa vie en danger nous serions à
égalité, et qu'il cesserait de s'excuser. Je n'ai pas besoin d'ennemis,
et Lauren se calmera peut-être s'il me fiche la paix. Sauf que je vais
sans doute devoir bousiller sa Sentra,” continua-t-elle, songeuse à
présent. “S'il n'a plus de voiture, il ne pourra accompagner personne
au bal de fin d'année...”

C'était encourageant de voir que
parfois, elle comprenait mal les choses. La ténacité de Tyler n'avait
rien à voir avec l'accident. Elle ne semblait pas remarquer l'attirance
qu'elle exerçait sur les garçons humains du lycée. Ne voyait-elle pas
l'attirance qu'elle exerçait sur moi, non plus?

Ah, ça marchait.
Les rouages déconcertants de son esprit étaient toujours totalement
passionnants. Je commençai à recouvrer un certain contrôle, à voir
quelque chose au-delà de la vengeance et la torture...

“J'en ai entendu parler,” lui appris-je. Elle avait arrêté de parler, et j'avais besoin qu'elle continue.
“Toi?”
demanda-t-elle, incrédule. Et sa voix devint plus furieuse qu'avant.
“Bon sang, si j'arrive à le paralyser de la tête au pieds, il n'ira pas
au bal non plus.”

J'aurai souhaité pouvoir lui demander de
continuer à proférer des menaces de mort ou de violence corporelle sans
paraître complètement cinglé. Elle n'aurait pas pu trouver un meilleur
sujet de conversation pour me calmer. Et ses mots – qui n'étaient que
des sarcasmes dans son cas, des hyperboles – étaient un rappel qui me
manquait beaucoup à ce moment-là.

Je soupirai, et ouvris les yeux.
“Ça va mieux?” demanda-t-elle timidement.
“Ce n'est pas terrible.”
Non,
j'étais plus calme, mais je n'allais pas mieux. Parce que je venais de
réaliser que je ne pouvais pas tuer le monstre du nom de Lonnie, et
j'en avais toujours plus envie plus que de presque tout au monde.
Presque.

La seule chose dont j'avais plus envie que de commettre
un crime parfaitement justifiable, était cette fille. Et, malgré le
fait que je ne puisse pas l'avoir, le seul rêve de l'avoir
m'interdisait de partir en chasse ce soir – et peu importait à quel
point une telle chose était défendable.

Bella méritait mieux qu'un assassin.
J'avais
passé sept décennies à essayer d'être autre chose que cela – n'importe
quoi tant que ce n'était pas un assassin. Ces années d'effort ne me
feraient jamais valoir la fille qui était assise à côté de moi. Et
pourtant, je sentais que si je retournais à cette vie – la vie
d'assassin – pour juste une nuit, je la mettrais irrévocablement hors
de ma portée pour toujours. Même si je ne buvais pas leur sang – même
si je n'avais pas cette preuve flamboyant de rouge dans mes yeux – ne
sentirait-elle pas la différence?

J'essayais d'être assez bon pour elle. C'était un but impossible. Je continuerai d'essayer.
“Qu'est-ce qu'il y a?” chuchota-t-elle.
Sa
respiration remplit mon nez, ce qui me rappela pourquoi je ne pouvais
pas la mériter. Après tout cela, même avec tout l'amour que j'éprouvais
pour elle...elle me faisait quand même saliver.

“Parfois, j'ai
du mal à contrôler mes humeurs, Bella.” Je fixai la nuit noire,
espérant en même temps qu'elle entende l'horreur inhérente à mes mots
et qu'elle ne l'entende pas. Surtout qu'elle ne l'entende pas. Cours,
Bella, cours. Reste, Bella, reste. “Sauf qu'il ne servirait à rien que
je retourne là-bas pour régler leur compte à ces...” Rien que d'y
penser me propulsa presque hors de la voiture. Je pris une profonde
inspiration, laissant son odeur me brûler toute la gorge. “Enfin,
j'essaie de m'en convaincre.”

“Oh.”
Elle ne dit plus rien.
Qu'avait-elle perçu dans mes mots? Je lui jetai furtivement un coup
d'œil, mais son visage était indéchiffrable. Peut-être figé par le
choc. Bon, elle ne criait pas. Pas encore.

Ce fut silencieux
pendant un moment. Une guerre faisait rage en moi, essayant de
m'obliger à être ce que j'étais. Ce que je ne pouvais pas être.

“Jessica
et Angela vont s'inquiéter,” dit-elle doucement. Sa voix était très
calme, et je n'étais pas sûr de comprendre pourquoi. Était-elle sous le
choc? Peut-être qu'elle n'avait pas encore intégré les événements de ce
soir. “J'étais censée les retrouver.”

Voulait-elle être loin de moi? Ou ne s'inquiétait-elle que du soucis que se feraient ses amies?
Je
ne lui répondis pas, mais je démarrai la voiture et la ramenai au
restaurant. À mesure que nous nous rapprochions de la ville, j'avais de
plus en plus de mal à me tenir à ma bonne résolution. J'étais si proche
de lui...

Si c'était impossible – si je ne pouvais jamais avoir
ou mériter cette fille – alors pourquoi laisser cet homme impuni? Cela
au moins devait m'être permis...
Non. Je n'abandonnerai pas. Pas encore. Je la voulais beaucoup trop pour baisser les bras.

Nous
arrivâmes au restaurant où elle était censée retrouver ses amies avant
que je réussisse à mettre de l'ordre dans mes pensées. Jessica et
Angela avaient fini de manger, et étaient toutes deux sérieusement
inquiètes pour Bella à présent. Elles se préparaient à aller la
chercher, arpentant la rue sombre.
Ce n'était pas une bonne nuit pour se promener dehors-

“Comment
savais-tu où...?” La question inachevée de Bella m'interrompit, et je
réalisai que j'avais fait une nouvelle gaffe. J'avais été bien trop
distrait pour me rappeler de lui demander où elle était censée
retrouver ses amies.

Mais, au lieu de finir sa phrase et d'insister sur le point, Bella secoua juste la tête et fit un demi-sourire.
Qu'est-ce que cela signifiait, maintenant?
Bon,
je n'avais pas le temps d'essayer de comprendre l'étrange acceptation
de mon savoir venu d'elle ne savait où... J'ouvris ma portière.

“Qu'est-ce que tu fais?” demanda-t-elle en sursautant.
Je
refuse de te laisser hors de ma vue. Et j'essaie de ne pas me laisser
être seul ce soir. Dans cet ordre des priorités. “Je t'invite à dîner.”

Eh
bien, voilà qui allait être intéressant. Ça ne pouvait pas être le même
soir où j'avais envisagé d'emmener Alice à dîner en prétendant avoir
choisi accidentellement le même restaurant que Bella et ses amies. Et
maintenant, voilà, j'avais pratiquement un rendez-vous avec la fille.
Sauf que ça ne comptait pas, parce que je ne lui laissais pas le choix.

Elle
avait déjà entrouvert sa porte avant que j'aie fait le tour de la
voiture – d'habitude, ce n'était pas aussi frustrant de devoir marcher
à une vitesse qui passe inaperçue – au lieu d'attendre que je la lui
ouvre. Était-ce parce qu'elle n'avait pas l'habitude d'être traitée
comme une lady, ou parce qu'elle ne pensait pas que je fusse un
gentleman?

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MessageSujet: Re: Chapitre 9 : Port Angeles   Dim 24 Mai - 0:58

J'attendis qu'elle me rejoigne, de plus en plus anxieux à mesure que ses amies s'éloignaient dans le noir.
“Va
prévenir Jessica et Angela avant que je doive les sauver, elles aussi,”
lui demandai-je rapidement. “Je ne suis pas certain que j'arriverai à
me retenir si je tombe une nouvelle fois sur tes potes.” Non, je ne
serai pas assez fort pour cela.

Elle frémit, puis se reprit
rapidement. Elle s'avança d'un demi-pas dans leur direction, criant,
“Jess! Angela!” d'une voix forte. Elles se retournèrent, et elle fit de
grands signes pour attirer leur attention.

Bella! Oh, elle va bien! pensa Angela avec soulagement.
Pas
trop tôt... grommela Jessica pour elle-même, mais elle aussi était
reconnaissante que Bella ne se soit pas perdue ou blessée. Elle remonta
dans mon estime pour cette pensée.

Elles se précipitèrent en avant, puis marquèrent une pause, stupéfaites, en me voyant à côté d'elle.
Non! pensa Jessica, abasourdie. Me dites pas que c'est vrai!
Edward
Cullen? Se serait-elle en allée de son côté pour aller le retrouver?
Mais pourquoi se serait-elle demandée pourquoi ils étaient absents si
elle savait qu'il était ici... J'eus droit à un éclair de souvenir, le
visage mortifié de Bella quand elle avait demandé à Angela pourquoi ma
famille était souvent absente de l'école. Non, elle ne pouvait pas être
au courant, décida Angela.

Les pensées de Jessica passaient, elles, de la surprise aux soupçons. Bella ne m'a pas tout dit.
“Où étais-tu passée?” demanda-t-elle, fixant Bella, mais me jetant des coups d'œil furtifs.
“Je
me suis perdue. Et puis j'ai rencontré Edward,” dit Bella, faisant un
signe dans ma direction. Son ton était étonnamment normal. Comme si
c'était vraiment tout ce qui c'était passé.
Elle devait être sous le choc. C'était la seule explication à son calme.

“Ça vous dérange, si je me joins à vous?” demandai-je – pour être poli; je savais qu'elles avaient déjà mangé.

Bon sang mais qu'est-ce qu'il est sexy! pensa Jessica, ses pensées un peu incohérentes tout d'un coup.
Celles d'Angela n'étaient pas plus posées. Si seulement on n'avait pas mangé. Waou. Juste. Waou.
Mais pourquoi est-ce que je ne pouvais pas faire ça à Bella?

“Euh...Bien sûr que non,” acquiesça Jessica.
Angela fronça les sourcils. “En fait, Bella, nous avons dîné en t'attendant,” admit-elle. “Désolée.”
Quoi? Mais tais-toi! se plaignit Jessica intérieurement.
Bella
haussa les épaules, désinvolte. Tellement à l'aise. Définitivement sous
le choc. “C'est très bien comme ça – je n'ai pas faim.”

“Je
crois que tu devrais manger un morceau,” la contredis-je. Elle avait
besoin de sucre dans le sang – bien qu'il semble bien assez sucré comme
ça, pensai-je ironiquement. L'horreur allait s'abattre sur elle d'une
minute à l'autre, et un estomac vide ne l'aiderait pas. Elle
s'évanouissait facilement, d'après mon expérience.

Ces filles ne
seraient pas en danger si elles rentraient directement à la maison. Le
danger ne les suivait pas à la trace, elles.
Et je préférais être seul avec Bella – du moment qu'elle voulait bien être seule avec moi.

“Ça
vous ennuie si je ramène Bella plus tard?” dis-je à Jessica avant que
Bella puisse répondre. “Comme ça, vous n'aurez pas attendre qu'elle ait
fini son repas.”
“Euh...non.” Jessica fixa Bella, cherchant un signe qui montre que c'était ce qu'elle voulait.
J'ai
envie de rester...Mais, probable qu'elle le veut pour elle toute seule.
Qui ne le voudrait pas? pensa Jess. À ce moment, elle regarda Bella lui
faire un clin d'œil.

Bella lui avait fait un clin d'œil?
“D'accord,”
dit rapidement Angela, pressée de partir si c'était ce que Bella
voulait. Et il semblait que ce soit ce qu'elle voulait. “À demain,
Bella...Edward.” Elle s'efforça de dire mon nom d'un ton désinvolte.
Puis elle attrapa la main de Jessica et commença à l'entraîner derrière
elle.

Il fallait que je trouve un moyen de remercier Angela pour ça.
La
voiture de Jessica était garée tout près, et dans un large cercle de
lumière venue d'un lampadaire. Bella les regarda prudemment, un léger
froncement de soucis entre les yeux, jusqu'à ce qu'elles montent dans
la voiture, elle devait donc être tout à fait consciente du danger
qu'elle avait encouru. Jessica lui dit au revoir de la main en
s'éloignant, et Bella lui rendit son signe. Elle ne prit une grande
inspiration et ne se retourna vers moi qu'une fois la voiture disparue.

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MessageSujet: Re: Chapitre 9 : Port Angeles   Dim 24 Mai - 0:59

“Franchement, je n'ai pas faim,” dit-elle.
Pourquoi
avait-elle attendu qu'elles soient parties pour le dire? Avait-elle
vraiment envie d'être seule avec moi – même maintenant, après avoir été
témoin de ma rage de tuer?

Que ce soit le cas ou non, elle allait manger quelque chose.
“Fais-moi plaisir,” dis-je.
Je lui tins la porte du restaurant et attendis.
Elle soupira, puis passa la porte.

Je
marchai à ses côtés jusqu'à l'accueil, où l'hôtesse attendait. Bella
semblait toujours complètement maîtresse d'elle-même. J'avais envie de
toucher sa main, son front, pour vérifier sa température. Mais elle
fuirait le contact de ma main froide, comme elle l'avait fait
auparavant.

Ça par exemple! M'interrompit la voix mentale plutôt forte de l'hôtesse. Bon sang de bon sang...
Il
semblait que c'était le jour où j'attirais tous les regards. Ou ne le
remarquai-je ce soir, que parce que tout ce que j'espérais, c'était que
Bella me voie de cette façon? Nous étions toujours attirants pour nos
proies. Je n'y avais jamais vraiment réfléchi auparavant. D'habitude –
sauf quand, comme pour Shelly Cope ou Jessica Stanley, l'habitude avait
émoussé l'horreur – la peur arrivait assez tôt après l'attirance
initiale...

“Nous sommes deux,” pressai-je l'hôtesse puisqu'elle ne parla pas.
“Oh,
euh, oui. Bienvenue à La Bella Italia.” Mmm! Quelle voix! “Je vous en
prie, suivez-moi.” Ses pensées étaient préoccupées – toutes à ses
estimations.

Peut-être qu'elle est sa cousine. Elle ne peut pas
être sa sœur, ils ne se ressemblent pas du tout. Mais ils sont
forcément de la même famille. Dans tous les cas, lui ne peut pas être
avec elle.

Les yeux humains étaient voilés; ils ne voyaient
jamais clairement. Comment cette femme étroite d'esprit pouvait-elle
trouver mes attraits physiques – des pièges pour mes proies – si
attirants, sans voir la douce perfection de la fille à mes côtés?

Bon,
pas besoin de lui faciliter la tâche, au cas où, pensa l'hôtesse en
nous amenant à une table de taille familiale au milieu d'une partie
bondée du restaurant. Pourrais-je lui donner mon numéro pendant qu'elle
est là? songea-t-elle.

Je tirai un billet de ma poche de derrière. Les gens étaient invariablement coopératifs quand on mettait de l'argent en jeu.

Bella
prenait déjà place là où l'hôtesse le lui indiquait, sans objection. Je
secouai la tête à son intention, et elle hésita, penchant sa tête sur
le côté, l'air curieux. Oui, elle serait très curieuse ce soir. Et la
foule n'était pas l'endroit idéal pour ce genre de conversations.

“Vous
n'avez rien de plus intime?” demandai-je à l'hôtesse, lui tendant
l'argent. Ses yeux s'écarquillèrent de surprise, puis se resserrèrent
en refermant sa main sur le pourboire.
“Bien sûr.”

Elle jeta un coup d'œil au billet tout en nous conduisant de l'autre côté d'un mur de séparation.
Cinquante
dollars pour une meilleure table? Il est riche, par dessus le marché.
En même temps, c'est logique – je parie que sa veste coûte plus cher
que ma dernière paie. Mince. Pourquoi veut-il plus d'intimité avec elle
?

Elle nous indiqua une table séparée par des paravents dans un
coin calme du restaurant, où personne ne pourrait nous voir – voir
Bella réagir à ce que j'allais lui dire, quoi que ce soit. Je n'avais
aucune idée de ce qu'elle voudrait de moi ce soir. Ou de ce que
j'allais lui avouer.
Combien avait-elle deviné? Quelle explication s'était-elle formulée pour mon comportement de ce soir?

“Ça vous va?” demanda l'hôtesse.
“Parfait,”
lui dis-je, et, légèrement énervé par le ressentiment qu'elle exprimait
à l'égard de Bella, je lui sourit de toutes mes dents. La laissant me
voir clairement.

Woa. “Euh...la serveuse sera là dans une
minute.” Il ne peut pas être réel. Je dois être en train de rêver.
Peut-être qu'elle disparaîtra...peut-être que j'écrirai mon numéro au
ketchup sur son assiette... Elle s'éloigna, énumérant les possibilités.

Bizarre.
Elle n'avait toujours pas peur. Je me rappelai soudain Emmett me
taquinant à la cafétéria, il y a de si nombreuses semaines. Je parie
que j'aurai pu lui faire plus peur que ça.
Étais-je en train de perdre la main?

“Tu
devrais arrêter de faire ça aux gens,” m'interrompit Bella dans le
train de mes pensées, d'un ton réprobateur. “Ce n'est pas du jeu.”
Je
fixai son expression critique. Que voulait-elle dire? Je n'avais pas du
tout fait peur à l'hôtesse, malgré mes intentions. “Faire quoi?”
“Les éblouir ainsi. À l'heure qu'il est, elle est en train de suffoquer dans les cuisines.”
Hmm.
Bella était très proche de la réalité. L'hôtesse n'était qu'à moitié
cohérente en ce moment, décrivant sa fausse impression de moi à son
amie qui faisait partie de l'équipe de service.

“Oh, s'il te
plait,” me gronda Bella, ne me voyant pas répondre aussitôt. “Tu es
quand même conscient de l'effet que tu produis!”
“J'éblouis les
gens, moi?” C'était une façon très intéressante de le formuler. Assez
exact pour ce soir. Je me demandai pourquoi il y avait une telle
différence...
“Tu n'as pas remarqué?” demanda-t-elle, toujours
critique. “Tu crois donc que tout le monde obtient ce qu'il veut aussi
facilement que toi?”
“Est-ce que je t'éblouis?” demandai-je, voulant
satisfaire instinctivement à ma curiosité, les mots sortant trop vite
pour que je puisse les retirer à temps.
Mais avant que j'aie le
temps de regretter plus que cela d'avoir prononcé les mots tout haut
elle répondit, “Fréquemment.” Et ses joues se teintèrent d'un rose
tendre.

Je l'éblouissais.
Mon cœur silencieux se gonfla d'un espoir plus intense qu'aucun de ceux que je me rappelais avoir ressenti.

“Bonjour,”
dit quelqu'un, la serveuse, se présentant. Ses pensées étaient fortes,
et plus explicites que celles de l'hôtesse, mais je les ignorai
complètement. Je contemplais le visage de Bella au lieu de les écouter,
regardant le sang se répandre sous sa peau, ne remarquant pas comment
il faisait brûler ma gorge, mais plutôt comment il embellissait son
visage pâle, comment il rehaussait la couleur crème de sa peau...

La
serveuse attendait quelque chose de moi. Ah, elle avait demandé ce que
nous voulions boire. Je continuai à fixer Bella, et la serveuse se
tourna à contrecœur vers elle.
“Un Coca?” dit Bella, comme si elle attendait mon approbation.
“Mettez-en
deux,” corrigeai-je. La soif – normale, celle d'un humain – était un
signe de choc. Je m'assurerai qu'elle ait tout le sucre du soda en plus
dans son système.

Elle avait l'air bien portante, pourtant. Plus que bien portante. Elle avait l'air radieuse.
“Quoi?”
lança-t-elle – se demandant sûrement pourquoi je la fixais comme ça,
supposai-je. J'eus vaguement conscience du départ de la serveuse.
“Comment vas-tu?” demandai-je.
Elle cligna des sourcils, surprise de ma question. “Bien.”

“Tu ne te sens pas étourdie, nauséeuse, glacée...?”
Elle était encore plus déconcertée, à présent. “Je devrais?”
“Je
guette les effets du contrecoup.” Je fis un demi-sourire, m'attendant à
son démenti. Elle ne voudrait pas que l'on s'occupe d'elle.
Cela lui
prit une minute de me répondre. Ses yeux étaient légèrement dans le
vague. Elle prenait cet air-là, parfois, quand je lui souriais.
Était-elle...éblouie?
J'adorerai penser que ce soit vrai.

“Je
ne crois pas qu'il aura lieu. J'ai toujours été très douée pour
réprimer les choses déplaisantes,” répondit-elle, et j'eus l'impression
qu'elle reprenait encore son souffle.
“Quand bien même,” lui dis-je. “Je serai plus à l'aise quand tu auras avalé quelque chose.”

La
serveuse revint avec les Cocas et un corbeille de gressins. Elle les
posa en face de moi, et me demanda ce que j'avais choisi, essayant
d'attirer mon regard au passage. Je lui signifiai de s'adresser à
Bella, puis m'appliquai derechef à ignorer ses pensées. Son esprit
était vulgaire.

“Euh..” Bella jeta un coup d'œil au menu. “Les raviolis aux champignons.”
La serveuse se retourna vers moi impatiemment. “Et Monsieur?”
“Rien pour moi, merci.”
Bella
fit une petite moue. Hmm. Elle devait avoir remarqué que je ne mangeai
jamais rien. Elle remarquait tout. Et j'oubliais toujours d'être
prudent autour d'elle.

J'attendis que nous soyons de nouveau seuls.
“Bois,” insistai-je.
Je
fus surpris de la voir obtempérer aussitôt et sans objection. Elle but
jusqu'à ce que son verre soit entièrement vide, je poussai donc le
deuxième verre vers elle, fronçant un peu les sourcils. Soif, ou
contrecoup?

Elle but encore un peu, puis frissonna.
“Tu as froid?”
“C'est
le Coca,” dit-elle, mais elle frissonna de nouveau, ses lèvres
tremblant légèrement, comme si ses dents étaient sur le point de
claquer.

Le joli chemisier qu'elle portait avait l'air trop fin
pour la protéger convenablement; il collait son corps, lui faisant
comme une seconde peau, presque aussi fragile que la première. Elle
était si frêle, si mortelle. “Tu n'as pas pris de veste?”
“Si.” Elle se retourna vers le dossier de sa chaise, un peu perplexe. “Oh, je l'ai oubliée dans la voiture de Jessica.”

J'enlevai
la mienne, espérant que le geste ne soit pas gâché par la température
de mon corps. Ça aurait été bien, si j'avais pu lui offrir un manteau
bien chaud. Elle me dévisagea, ses joues s'échauffant de nouveau.
Qu'était-elle en train de penser?

Je lui tendis la veste au travers de la table, et elle l'enfila aussitôt, puis frémit de nouveau.
Oui, ça aurait été bien d'être chaud.
“Merci,”
dit-elle. Elle prit une grande inspiration, puis remonta les manches,
trop longues, pour se libérer les mains. Elle inspira derechef un grand
coup.

Le contrecoup de la soirée s'annonçait-il enfin? Elle
avait toujours de bonnes couleurs; sa peau avait une couleur de crème
et de roses en contraste avec son chemisier d'un bleu profond.
“Cette couleur sied à merveille à ton teint,” la complimentai-je. J'étais juste honnête.
Elle rougit, rehaussant encore l'effet.

Elle
avait l'air tout à fait bien, mais il n'y avait aucune raison de
prendre des risques. Je poussai la corbeille de gressins vers elle.
“Je t'assure que je ne suis pas sous le choc,” objecta-t-elle, devinant les motifs de mon geste.
“Tu devrais – n'importe quel être normalement constitué le serait. Tu n'as même pas l'air ébranlé.”

Je
la fixai, désapprobateur, me demandant pourquoi elle ne pouvait pas
être normale puis me demandant si je voulais vraiment qu'elle le soit.
“Je
me sens très en sécurité avec toi,” souffla-t-elle, ses yeux de nouveau
débordants de confiance. Une confiance que je ne méritais pas.

Ses
instincts semblaient inversés. Ça devait être le problème. Elle ne
reconnaissait pas le danger comme le ferait un être humain normal. Ses
réactions étaient inverses. Au lieu de s'enfuir, elle restait là, liée
à ce qui devrait lui faire peur...

Comment pourrais-je la protéger de moi-même si aucun de nous deux ne le voulait?
“Cela devient plus compliqué que je ne l'avais prévu,” murmurai-je.

Je
la vis tourner et retourner mes mots dans sa tête, et me demandai ce
qu'elle en pensait. Elle prit un gressin et commença à grignoter sans
paraître s'en rendre compte. Elle le mordilla un moment, puis pencha sa
tête pensivement sur le côté.

“D'habitude, tu es de meilleure humeur quand tes yeux sont aussi clairs,” dit-elle sur un ton désinvolte.
Sa remarque, si terre-à-terre, m'embrouilla complètement les idées. “Pardon?”
“Je
me suis aperçue que plus tes yeux étaient sombres, plus tu étais
maussade. D'ailleurs, j'ai une théorie à ce sujet,” ajouta-t-elle
simplement.

Elle avait fini par trouver une explication à tout
ce qu'elle avait vu. Bien sûr que oui. Je ressentis au plus profond de
mon être une terreur sans nom en me demandant de combien elle s'était
approchée de la vérité.
“Encore une?”
“Mm-hm.” Elle croqua un
autre bout de gressin, tout à fait nonchalante. Comme si elle n'était
pas en train de discuter des aspects d'un monstre avec le monstre en
personne.

“J'espère que tu seras plus créative, cette fois...”
mentis-je puisqu'elle ne continuait pas. Ce que j'espérais vraiment,
c'est qu'elle ait tort – qu'elle soit à des kilomètres de la vérité. “À
moins que tu ne l'aies empruntée à d'autres BD?”
“Non, pas une BD,” dit-elle, un peu embarrassée. “Mais ce n'est pas moi qui l'ai trouvée non plus.”
“Et?” demandai-je entre mes dents.

Elle ne parlerait sûrement pas aussi calmement si elle était sur le point de hurler.
Alors
qu'elle hésitait, mordillant sa lèvre, la serveuse réapparut avec le
plat de Bella. Je ne lui payai pas grande attention pendant qu'elle
déposait l'assiette devant Bella puis me demandait si je voulais
quelque chose.

Je déclinai l'offre, mais demandai plus de Coca. La serveuse n'avait pas remarqué les verres vides. Elle les prit et partit.

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MessageSujet: Re: Chapitre 9 : Port Angeles   Dim 24 Mai - 0:59

“Alors, cette théorie?” la pressai-je anxieusement dès que nous fûmes de nouveau seuls.
“Je
t'en parlerai dans la voiture,” dit-elle à voix basse. Ah, ça n'était
pas une bonne idée. Si elle refusait de parler de ses théories en
présence d'autres personnes... “Seulement si...” ajouta-t-elle
soudainement.
“Des conditions?” J'étais si tendu que je grognai presque les mots.
“C'est que j'ai quelques questions, bien sûr.”
“Bien sûr,” accordai-je d'une voix dure.

Ses
questions m'indiqueraient sûrement la direction de ses pensées. Mais
comment y répondre? Avec responsabilité, en mentant? Ou la
chasserai-je, en lui révélant mon secret? Ou ne lui répondrai-je rien,
incapable de me décider?

Nous fûmes silencieux pendant que la serveuse nous réapprovisionna en soda.
“Très bien, vas-y,” lançai-je, mâchoire serrée, une fois la serveuse partie.

“Que fais-tu à Port Angeles?”
C'était
une question bien trop facile – pour elle. Elle ne me révélait rien,
alors que ma réponse, si elle était sincère, lui révélerait bien trop
de choses. Je la laisserai me révéler quelque chose avant.

“Question suivante,” dis-je.
“Mais c'est la plus facile!”
“Suivante,” répétai-je.
Elle
se montra frustrée par mon refus. Elle éloigna son regard, le posant
sur sa nourriture. Doucement, réfléchissant durement, elle prit une
bouchée et mâcha avec application. Elle avala avec une gorgée de Coca,
puis releva enfin son regard vers moi.

“Très bien,” dit-elle.
“Admettons, et ce n'est qu'un hypothèse, bien sûr, que... quelqu'un...
sache lire dans les pensées des gens, tu vois ce que je veux dire –
mais à quelques exceptions près.”
Cela pourrait être pire.

Cela
expliquait le petit demi-sourire dans la voiture. Elle était vive
d'esprit – personne n'avait jamais deviné cela à mon sujet. À part
Carlisle, et cela avait été plutôt évident à l'époque, au début, parce
que je répondais à toutes ses pensées comme si il les avait prononcées.
Il avait compris avant moi...

Cette question n'était pas trop
compromettante. Il était clair qu'elle savait que quelque chose
n'allait pas chez moi, mais ce n'était pas aussi sérieux que ça aurait
pu l'être. Lire dans les pensées n'était après tout, pas un caractère
propre à l'espèce des vampires. Je jouai le jeu et complétai son
hypothèse.
“À une exception près,” corrigeai-je, “Théoriquement.”

Elle
réprima un sourire – mon honnêteté, même vague, lui plaisait. “À une
exception près, alors. Comment ça marche? Quelles sont les limites?
Comment ce... quelqu'un... parviendrait-il à deviner où une autre
personne se trouve à un moment précis? Comment saurait-il qu'elle a des
ennuis?”

“Théoriquement?”
“Bien sûr.” Ses lèvres réprimèrent un sourire, et ses yeux bruns liquide étaient impatients.
“Eh bien,” hésitai-je. “Si... ce quelqu'un...”
“Appelons-le Joe,” suggéra-t-elle.

Je
dus sourire face à son enthousiasme. Pensait-elle vraiment que la
vérité serait une bonne chose? Si mes secrets étaient plaisants,
pourquoi les lui cacherais-je?

“Va pour Joe,” acceptai-je. “Si
Joe avait été plus attentif, le timing n'aurait pas été aussi serré.”
Je secouai la tête et réprimai un frémissement à la pensée du peu qui
avait manqué pour que j'arrive trop tard. “Il n'y a que toi pour
t'attirer des problèmes dans une aussi petite ville. Tu aurais ruiné
leurs statistiques sur la délinquance pour dix ans, tu sais.”

Les coins de ses lèvres se rabaissèrent, faisant la moue. “Nous parlons d'un cas hypothétique.”
Je ris de son irritation.
Ses
lèvres, sa peau...elles paraissaient si douces. Je voulais les toucher.
Je voulais poser le bout de mon doigt sur les bords de son froncement
et la refaire sourire. Impossible. Ma peau la repousserait.

“En effet,” dis-je, revenant à la conversation avant de pouvoir me déprimer tout à fait. “T'appellerons-nous Jane?”
Elle se pencha en travers de la table, toute trace d'humour et d'irritation disparue de ses grands yeux.
“Comment as-tu su?” demanda-t-elle, d'une voix basse et intense.

Devais-je lui dire la vérité? Et, dans ce cas, jusqu'où devais-je aller?
Je voulais tout lui dire. Je voulais mériter la confiance que je voyais toujours sur son visage.

“Tu
peux avoir confiance en moi, tu sais,” murmura-t-elle, et elle tendit
la main comme pour toucher les miennes, posées sur la table vide devant
moi.
Je les retirai – détestant la pensée de sa réaction si elle touchait ma peau de pierre glacée – et elle laissa tomber sa main.

Je
savais que je pouvais lui faire confiance pour qu'elle ne divulgue pas
mes secrets; elle était, de la tête au pied, une personne de confiance,
bonne jusqu'à la moelle. Mais je ne pouvais pas lui faire confiance
pour qu'elle ne soit pas horrifiée par ces secrets. Elle devait être
horrifiée. La vérité était une horreur.

“Je ne suis pas sûr d'avoir encore le choix,” murmurai-je.

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MessageSujet: Re: Chapitre 9 : Port Angeles   Dim 24 Mai - 1:00

Je savais que pouvais me fier à elle en ce qui
concernait mes secrets ; elle était totalement digne de confiance. Mais
je n’étais pas sûr que ces secrets ne l'horrifient pas. Elle devrait
être horrifiée. La vérité était horrible.

- Je ne sais pas si j’ai encore le choix, murmurai-je.
Je me souvins que je m’étais moquée d’elle une fois, la traitant de
"particulièrement inattentive". L'offensant, si j’avais interprété ses
expressions correctement. Eh bien, je pouvais me faire pardonner
désormais.
- J’avais tort – tu es bien meilleure observatrice que je ne le pensais.
Et même si elle ne semblait pas me croire, je le pensais vraiment. Elle ne ratait rien.
- Je pensais que tu avais toujours raison, dit-elle, souriant de sa propre blague.

- C’était le cas avant.
Avant je savais toujours ce que je faisais. Je savais toujours où
j’allais. Et maintenant tout n’était que tumulte et chaos.

Pourtant je n’aurais échangé cela pour rien au monde. Je ne voulais pas
d’une vie pleine de sens. Pas si le chaos me permettait d'être avec
Bella.

- Je me suis trompé sur une autre chose te concernant,
continuai-je, réglant mes comptes sur cet autre point. Tu n'es pas un
aimant à accidents – ce mot n’est pas assez fort pour toi. Tu es un
aimant à problèmes. S'il y a quelque chose de dangereux dans un rayon
de quinze kilomètres, c’est invariablement pour toi.
Pourquoi elle ? Qu’avait-elle fait pour mériter ça ?

Le visage de Bella redevint sérieux.
- Et tu te ranges dans cette catégorie ?
L'honnêteté était plus importante en ce qui concernait cette question qu'aucune autre.
- Assurément.
Ses yeux se plissèrent légèrement – pas de façon suspicieuse, juste
bizarrement concernés. Elle tendit sa main à travers la table,
lentement et délibérément. J'éloignai mes mains d’un centimètre, mais
elle ignora mon geste, déterminée à me toucher. Je retins ma
respiration – pas à cause de son parfum cette fois, mais à cause de la
soudaine tension environnante. Peur. Ma peau allait la dégoûter. Elle
partirait en courant.
Elle caressa légèrement ma main du bout des
doigts. La chaleur de son geste délibéré ne ressemblait à aucune chose
que je connaissais. C’était presque du plaisir à l’état pur. Cela
l’aurait été si je n’avais pas eu peur. Je regardai son visage tandis
qu’elle sentait la fraîcheur et la dureté de ma peau, toujours
incapable de respirer.
Un demi-sourire se dessina à la commissure de ses lèvres.

- Merci, dit-elle, plongeant son regard dans le mien. Ça fait deux fois maintenant.
Ses doux doigts se promenaient sur ma main, comme si elle trouvait cela plaisant.

Je lui répondis aussi détendu que possible.
- Essayons d’éviter une troisième occasion, d’accord ?
Elle grimaça avant d'acquiescer.
Je retirai mes mains des siennes. Aussi exquis que soit son toucher, je
n’allais pas attendre que la magie de sa tolérance se transforme en
dégoût. Je cachai mes mains sous la table.

Je lus dans ses yeux ;
malgré le silence de ses pensées, je pouvais percevoir sa confiance et
ses questionnements. Je réalisai alors que je voulais répondre à ses
questions. Pas parce que je le lui devais. Pas parce que je voulais
qu’elle ait confiance en moi.

Je voulais qu’elle me connaisse.

- Je t’ai suivie à Port Angeles,” lui dis-je, les mots sortant trop vite pour que je puisse les contrôler.
Je savais le risque que je prenais en lui disant la vérité. A tout
moment, son calme artificiel pourrait se changer en hystérie. Mais
bizarrement, cela me fit simplement parler plus vite.
- C’est la
première fois que je m'évertue à garder une personne en vie, ce qui est
beaucoup plus difficile que je le supposais. Sans doute parce qu’il
s’agit de toi. Les gens ordinaires, eux, ont l’air de traverser
l'existence sans collectionner les catastrophes.
Je la regardai, attendant.

Elle sourit. Les commissures de ses lèvres se soulevèrent, et ses yeux
chocolat se réchauffèrent.
 Je venais juste d’avouer que je la
poursuivais, et elle souriait.
- N’as tu jamais songé que peut-être
mon heure était venue la première fois, avec le van, et que tu avais
influé sur le destin ? demanda-t-elle.

- Ce n’était pas la première fois, dis-je les yeux rivés sur la table marron foncé, mes épaules courbées par la honte.
J’avais fait tomber mes défenses, la vérité s’échappait sans que je puisse la contrôler.
- La première c’était lorsque je t’ai rencontrée.
C’était la vérité, et cela me mettait en colère. J’étais comme une épée
de Damoclès suspendue au dessus de sa tête. C’était comme si un sort
injuste est cruel l’avait marquée d’une croix pour que la mort vienne
l’emporter et – jusqu'à ce que je me révèle un outil désobéissant – ce
même sort continuait d'essayer de l'exécuter. J’essayai d’imaginer ce
destin personnifié - une dégoûtante sorcière jalouse, une harpie
vengeresse.
Je voulais que quelque chose, quelqu’un soit
responsable de cela – pour avoir quelque chose de concret à combattre.
Quelque chose, n'importe quoi à détruire, pour que Bella soit saine et
sauve.

Bella était très silencieuse ; sa respiration s’était accélérée.
Je la regardai de nouveau, sachant que j’allais enfin voir la peur que
j’attendais. Ne venais-je pas d’admettre à quel point j'avais été près
de la tuer ? Plus que le van qui était passé à quelques centimètres
d’elle. Et pourtant, son visage était toujours aussi calme, ses yeux
toujours emplis d'intérêt.

- Tu te souviens ?
Elle devait forcément s’en souvenir.

- Oui, dit elle, la voix grave. Ses yeux profonds semblaient
parfaitement conscients. Elle savait. Elle savait que j'avais voulu la
tuer.

_________________



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"Tu as des ennuis, mon pote. De gros ennuis.
Les grizzlis enragés te paraîtront adorables
quand tu verras ce qui t'attend à ton retour "

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Isabella Swan
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MessageSujet: Re: Chapitre 9 : Port Angeles   Dim 24 Mai - 1:00

Et elle ne criait pas ?
- Et pourtant tu es assise là, dis-je, lui faisant remarquer son inhérente contradiction.
- Et pourtant je suis assise là... à cause de toi.
Son expression passa à la curiosité, tandis qu’elle changeait de sujet.
- Parce que pour une raison que j’ignore, tu m’as trouvée...?
Une fois de plus j’arrivais à la limite de ses pensées protégées, ne
pouvant les comprendre. Cela n’avait aucun sens pour moi. Comment
pouvait-elle se préoccuper du reste avec la sordide vérité juste devant
ses yeux ?
Elle attendit, simplement curieuse. Sa peau était pâle,
ce qui était naturel chez elle, mais toujours préoccupant. Son assiette
était en face d’elle, elle n’y avait presque pas touché. Si je devais
continuer à lui en dire trop, il lui faudrait tout un buffet pour
encaisser le choc.
Je posai mes conditions.
- Tu manges, j’explique.
Elle y réfléchit pendant une demi-seconde, puis fourra un ravioli dans
sa bouche à une vitesse incroyable. Elle attendait mes réponses plus
que ses yeux ne le laissaient voir.
- Ça a été plus difficile que
prévu – de te suivre à la trace, lui dis-je. D’habitude, je trouve les
gens facilement, une fois que j’ai lu leur pensée auparavant.
Je
regardai son visage attentivement tandis que je lui disais cela.
Deviner était une chose, voir ses suppositions confirmées en était une
autre.
Elle ne bougeait pas, les yeux grands ouverts. Je sentis mes dents grincer tandis que j’attendais sa panique.
Elle ne fit que cligner des yeux, une fois, avala bruyamment, puis enfourna une autre bouchée. Elle voulait que je continue.
- Je gardais l’œil sur Jessica, continuai-je, guettant l’effet de
chacun de mes mots sur elle. Pas très attentivement cependant – comme
je te l’ai dit, toi seule pouvais te fourrer dans des ennuis à Port
Angeles –
Je ne pus pas m’empêcher d’ajouter ça. Réalisait-elle que
les autres vies humaines n’était pas étroitement liées à tant
d'expériences potentiellement mortelles, ou se pensait-elle tout à fait
normale ? Elle était la chose la plus éloignée de la normalité que
j'eusse jamais rencontrée.
- Au début je n’ai pas remarqué que tu
étais partie de ton côté. Quand j’ai réalisé que tu n’étais plus avec
elle, je t’ai cherchée à la librairie que j'avais vue dans sa tête.
J’ai su que tu n’y étais pas allée, et que tu étais partie vers le
sud... et que tu devrais faire demi-tour rapidement. Donc je t’ai juste
attendue, cherchant au hasard dans les pensées des gens qui marchaient
dans la rue – pour voir si quelqu’un t’avait remarquée, et savoir où tu
te trouvais. Je n’avais pas de raisons de m’inquiéter... mais j’étais
bizarrement anxieux...
Ma respiration s’accéléra alors que je me
souvenais de ma panique. Son parfum s’engouffra dans ma gorge et me
rendit heureux. Cette douleur signifiait qu’elle était en vie. Tant que
je brûlais, elle était en sécurité.

- J’ai commencé à faire des cercles en voiture, toujours... à l’écoute.
J'espérais qu’elle comprendrait ce mot. Cela devait être tellement déconcertant pour elle.
- Le soleil a fini par se coucher, j’allais sortir pour te suivre à pied, et puis –
Le souvenir me saisit – très clair, et aussi vif que sur le moment – et
je sentis la même vague meurtrière naître en moi, me rendant de glace.

Je voulais qu'il meure. J’avais besoin qu’il meure. Mes mâchoires se
serrèrent tandis que je me concentrais pour rester assis à table. Bella
avait encore besoin de moi. C’était tout ce qui importait.

- Et après ? chuchota-t-elle, ses yeux sombres grands ouverts.

- J’ai entendu ce qu’il pensait, dis-je les dents serrés, incapable de ne pas grogner. J’ai vu ton visage dans son esprit.

 Je pouvais à peine résister à mon envie de tuer. Je savais
précisément où le trouver. Ses pensées sombres, prisonnières de la
nuit, m’appelaient…
Je cachai mon visage, sachant que mes
expressions devaient être celles d’un monstre, un chasseur, un tueur.
Je fixai son image derrière mes yeux clos, essayant de me contrôler, me
concentrant seulement sur elle. Les délicats traits de ses os, sa peau
pâle et fragile – comme de la soie, incroyablement douce et sensible.
Elle était trop vulnérable pour ce monde. Elle avait besoin d’un
protecteur. Et pourtant, coup tordu du destin, j’étais la seule chose
disponible.
 J’essayai d’expliquer ma réaction violente pour qu’elle me
comprenne.

- Ça a été très... dur – tu ne peux pas imaginer à quel
point – pour moi de te sauver et de les laisser... vivants,
murmurai-je. J’aurais pu te laisser partir avec Jessica et Angela, mais
j’avais peur, une fois seul, de repartir les chercher.

Pour la deuxième fois ce soir, je venais de confesser la préméditation d'un meurtre. Au moins, celui-ci était défendable.
Elle était toujours calme tandis que je luttais pour me contrôler.
J’écoutai son cœur. Son rythme était irrégulier, mais il ralentit à
mesure que le temps passait, jusqu’à ce que je sois calmé. Sa
respiration aussi était basse et régulière.

J’étais sur le point de craquer. Il fallait que je la ramène à la maison avant...

Le tuerais-je alors ? Allais-je devenir un meurtrier à nouveau, alors
qu'elle avait confiance en moi ? Y avait-il un moyen de m’en empêcher ?

 Elle avait promis de me faire part de sa dernière théorie lorsque
nous serions seuls. Avais-je envie de l'entendre ? Cela me rendait
anxieux, mais la récompense de ma curiosité serait-elle pire que de ne
pas savoir ?

 De toute façon elle en avait assez entendu pour ce soir.

Je la regardai une nouvelle fois. Son visage était encore plus pâle qu’avant, mais impassible.
- Est-ce que tu es prête à partir ? demandai-je.

- Oui, on peut y aller, dit-elle, choisissant ses mots, comme si un
simple “oui” ne pouvait pas exprimer exactement ce qu’elle voulait
dire.

Frustrant.

La serveuse revint. Elle avait entendu la
dernière phrase de Bella tandis qu’elle déambulait à l’autre bout du
restaurant, se demandant ce qu’elle pourrait me proposer de plus.
J’aurais voulu lever les yeux au ciel à certaines des propositions
qu’elle envisageait.

- Tout s’est bien passé ? demanda-t-elle.
- Très bien, pourrions-nous avoir l’addition, s’il vous plaît ? lui dis-je, mes yeux rivés sur Bella.
La respiration de la serveuse se figea un moment, complètement – pour
reprendre le terme utilisé par Bella – éblouie par ma voix.

Dans
un soudain moment de lucidité, entendant ma voix résonner dans la tête
de cette humaine, je réalisai pourquoi j'étais aussi attirant ce soir –
loin de la peur que je provoquais habituellement.

C’était à cause
de Bella. En essayant d’être prudent avec elle, moins effrayant,
presque humain, j’avais vraiment perdu mon talent. Les autres humains
voyaient seulement ma beauté à présent, l'horreur que j'inspirais si
bien cachée à présent.

Je regardai la serveuse, attendant qu’elle
se ressaisisse. C’était très comique, maintenant que je comprenais la
raison de son trouble.

- Bien sûr, bégaya-t-elle. Voilà.
Elle me tendit l’addition, pensant au petit mot qu’elle avait glissé
dans mon reçu. Un mot avec son nom et son numéro de téléphone.

Oui, c’était très comique.

J’avais un billet déjà prêt. Je lui rendis directement le reçu pour ne
pas qu’elle perde son temps à attendre un coup de fil qu’elle n’aurait
jamais.

- Gardez la monnaie, lui dis-je, espérant que le pourboire que je lui laissais suffirait à calmer sa déception.

Je me levai, suivi de près par Bella. Je voulais lui prendre la main,
mais pensai que ce serait tenter le diable. Je remerciai la serveuse,
mes yeux ne quittant pas le visage de Bella. Elle semblait trouver la
situation amusante, elle aussi.

Nous sortîmes du restaurant. Je
marchais aussi près d’elle que je l'osais. Assez près en tout cas pour
que la chaleur qui émanait d'elle soit presque une caresse du côté
gauche de mon corps.

Alors que je lui tenais la porte, elle
soupira doucement, je me demandai quel regret pouvait la rendre ainsi
triste. Je fixai ses yeux, prêt à le lui demander, quand elle regarda
soudainement le sol, l’air embarrassée. Cela me rendit curieux, même si
je ne pouvais plus lui poser la question. Le silence entre nous
continua lorsque je lui ouvris la portière de la voiture, et montai à
mon tour.

Je mis le chauffage – les beaux jours étaient finis ; le
froid devait la gêner. Elle resserra ma veste autour d'elle, un léger
sourire sur les lèvres.

J'attendis, repoussant la conversation
jusqu'à ce que les lumières des lampadaires disparaissent. Je me
sentais encore plus seul avec elle.

Etait-ce le bon moment ?
Maintenant que je me concentrais seulement sur elle, la voiture
paraissait bien petite. Son odeur se répandait sous l’effet du
chauffage, devenant de plus en plus forte. Son parfum devint presque
une troisième personne qui prenait place dans l’habitacle. Une présence
qui cherchait de l’attention.

Il avait toute mon attention ; il me
brûlait. C’était toutefois supportable. Cela me semblait bizarrement
approprié. J’avais beaucoup donné ce soir – plus que je n’avais prévu.
Et elle était là, volontairement à mes côtés. Je devais sacrifier
quelque chose pour cela. Une brûlure.

Si seulement cela ne pouvait
être que ça. Une brûlure, et rien d'autre. Mais le venin emplit ma
bouche, et mes muscles se bandèrent, comme si j’allais chasser…

Je devais arrêter de penser à ce genre de choses. Et je savais ce qui m’en distrairait.

- Alors, lui dis-je, la crainte de sa réponse surpassant la brûlure. A ton tour maintenant.

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Chapitre 9 : Port Angeles
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